czwartek, 20 czerwca 2013

La crise... de nos Eglises, de nos sociétés.. de nos économies... de nos théologies...

En grec, dans le Nouveau Testament, c'est le mot krisis qui désigne l'action de ‘juger’, d'‘apprécier’, d'‘évaluer’, de ‘décider’ ... 
Ce mot a donné en français le mot ‘crise’.

• Le verbe de même racine en grec, c'est krinô, qui veut dire ‘juger’.
Un verbe qui signifie d'abord, ‘séparer’, ‘distinguer’.
Juger va donc consister à faire la différence entre la vérité et le mensonge par exemple.
Il va s'agir de distinguer la vérité au milieu d'une situation compliquée et confuse.
Et il va falloir séparer, distinguer aussi précisément que possible, d'où ces autres sens du verbe : ‘estimer’,ou encore ‘peser’ ; on retrouve ici l'allégorie de la balance pour représenter la justice.

• Un autre encore mot français construit sur la même racine est le mot 'critère', du grec kriterion (= tribunal) ; de nouveau cette idée de distinguer, d'évaluer, et pour ce faire, il faut des critères.

• Le mot 'critique' vient aussi de cette même racine krisis.
En grec, kritikos signifie “qui peut discerner”; comme dans ce verset de la lettre aux Hébreux qui dit :
“... la parole de Dieu est vivante, agissante,
plus acérée qu'aucune épée à deux tranchants ;
elle pénètre jusqu'à la division de l'âme et de l'esprit, des jointures et des moelles ;
elle est juge des sentiments et des pensées du cœur. ...”
(Hébreux 4,12)

Littéralement, il faudrait dire ”elle est ‘critique’ des sentiments et des pensées du cœur.”
On retrouve ici de façon limpide cet aspect nécessairement tranchant du jugement qui décèle, et qui révèle les failles ou les incohérences cachées, et surtout qui les met à jour.

Le jugement apparaît donc comme un moment critique de révélation.
Un moment dans lequel on sort du flou et de l'ambiguïté du vécu pour en dire la vérité ultime, un instant de vérité en quelque sorte.

Est-ce que, dans une certaine mesure, toute crise, n'est finalement pas un moment de révélation, un moment de manifestation de la vérité, et n'est pas, en ce sens, un moment de jugement ?
On le voit bien, le jugement n'est donc pas d'abord une parole négative, une condamnation ou une peine, mais un moment de vérité.
Même si la vérité est parfois dure à reconnaître, même si elle peut mettre en crise les personnes, les institutions, les idéologies et les systèmes.

Poir finir, laissez-moi me référer à Paul Tillich dont parut en 1948, il y a donc 65 ans, un petit livre, sous le titre : The Shaking of the Foundations (traduction en français sous le titre : Les fondations sont ébranlées).
Il s’agit d’un recueil de « discours religieux » (c’est le terme qui est employé), c’est-à-dire de sermons donnés sur un laps de plusieurs années (Tillich ne prêchait qu’occasionnellement).
Pour Tillich, les fondations qui sont ébranlées font apparaître la vérité, celle qui porte vraiment.
L’ébranlement des fondations dégage les véritables fondements sur lesquels on peut construire du neuf et qui soit aussi du solide.
Tillich invite donc à relire les crises, comme un jugement, non pas un jugement qui condamnerait et rajouterait de la culpabilité à la douleur, mais comme jugement qui révèle une vérité.
Comment donc sortir de toute crise ?
La question se pose à deux niveaux : celui de l’urgence, des solutions immédiates, et celui de la réflexion de fond.

Je vous invite à prier pour que nos Eglises puissent avoir le courage d’aborder leurs crises avec la conscience de cette urgence et le courage nécessaire à la réflexion de fond. 

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